Accueil » Actualités, Communiqué, Environnement, Evénements, Presse, Publications, Sciences et techniques

Une plateforme de référence au niveau international

Par essence, un chercheur veut toujours repousser les limites… Mais pour que la science puisse évoluer et avancer, ce type de recherche nécessite des fonds importants qui se doivent d’être internationaux. Ce type de synergies permet en outre de partager le savoir avant de mettre en commun les savoir-faire. Dans cette double optique, le centre de Cadarache est donc naturellement orienté vers l’international avec, en guise de symbole européen, la construction du RJH (Réacteur Jules Hosowitz). Pas étonnant donc, que José Manuel Barroso ait tenu à effectuer le déplacement jusqu’à Cadarache, en juillet dernier, aux côtés de Geneviève Fioraso. Le président de la Commission européenne et la secrétaire d’état à l’Enseignement supérieur et à la Recherche sont allés à la rencontre de Bernard Bigot, administrateur général du CEA, Christophe Béhar, directeur de l’énergie nucléaire du CEA, et Christian Bonnet, directeur du centre de Cadarache. Au programme de la visite : le chantier du RJH, les installations solaires et la plateforme Héliobiotec*. Une rencontre au cours de laquelle chacun a pu rappeler l’importance du nucléaire dans le mix énergétique. José Manuel Barroso affirmait d’ailleurs assumer pleinement, voire revendiquer, son passage dans un centre dont les recherches sont historiquement orientées vers le nucléaire. Le président de la Commission européenne a tenu à « remercier le CEA, et l’Etat français, pour son soutien dans le programme ambitieux de l’Europe pour l’efficacité énergétique: « il faut trouver un accord mondial et j’espère que ce sera le cas en octobre à Paris lors de la conférence mondiale sur le climat. Quand je vois la capacité de nos pays à combiner traditions, savoir- faire, sciences et innovations, je suis fier d’être européen ». On retrouve d’ailleurs des fonds de l’Union dans nombre de projets développés au CEA, à commencer par le RJH…
D’autant que si le partage des coûts fait mathématiquement diminuer l’addition de chacun, le partage des savoirs permet aussi, à chacun, d’échanger d’avancer et d’évoluer.« C’est précisément dans cette optique que l’Etat a décidé, en 2005, que le remplaçant du réacteur Osiris ne devait pas être construit à partir d’un montage franco-français mais plutôt à l’image d’une installation internationale comme le CERN », explique Gilles Bignan, responsable interface – utilisateur de l’installation (user facility manager). Il a donc fallu deux ans pour bâtir le consortium afin que, en 2007, les travaux démarrent réellement. Depuis, au fil des séminaires annuels qui rassemblent les membres du consortium et les partenaires potentiels, le programme expérimental du RJH se dessine.« Et plus nous avançons, plus le projet suscite l’intérêt », se félicite Gilles Bignan. L’instrumentation, dont certains dispositifs permettent de réaliser des analyses en temps réel, est un des atouts majeurs de l’installation. « Dans ce domaine, les concurrents potentiels du RJH ont des capacités plus restreintes. Et ce sont précisément ces capacités-là qui intéressent beaucoup nos partenaires… ». Résultat, au fil des ans, le consortium* n’a jamais cessé de croître. Et ce, malgré un ticket d’entrée de 15 millions d’euros! Aujourd’hui, le projet RJH fédère un consortium international composé de 11 membres autour du CEA, qui en est le maître d’ouvrage et sera l’exploitant nucléaire; sans oublier le Japon dans le cadre d’accords bi-latéraux avec le CEA.« Le consortium n’est pas fermé et on peut accueillir d’autres membres », détaille Gilles Bignan qui rappelle que le caractère international du projet réside également dans sa capacité à accueillir ponctuellement des non-membres, comme l’Australie, les Etats-Unis ou l’Afrique du Sud (lire ci-dessous). La Commission européenne, qui contribue à hauteur de 6%, a d’ailleurs tout de suite vu l’intérêt du projet en matière d’harmonisation des normes de sûreté, notamment entre l’Est et l’Ouest de l’Union. Et, toujours, dans cette optique, l’AIEA souhaite par ailleurs contribuer à faire du RJH une véritable plate-forme Internationale en le positionnant comme centre de référence international autour de réacteur de recherche. Ainsi, outre les groupes de travail (où chaque membre du consortium est représenté) et un séminaire annuel, chacun est invité à détacher du personnel sur place.
* Le consortium est composé de : AREVA, EDF, JRC (Commission européenne), CIEMAT (Espagne), NRI (République Tchèque), SCK-CEN (Belgique), VTT (Finlande), VATTENFALL (Suède), DAE (Inde), IAEC (Israël), NNL (Grande-Bretagne).