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Un rapport TSN pour Tout Savoir sur Nous: 4. Pourquoi il n’est pas plus dangereux de travailler à Cadarache qu’ailleurs

TSN comme Transparence et Sécurité Nucléaire. Un document officiel que le CEA se doit de produire afin de se conformer à la Loi relative à la Transparence et à la Sécurité Nucléaire de 2006. Même si, au-delà de l’obligation légale, ce rapport ressemble fort à un mode d’emploi. Une notice qui permet de savoir ce que l’on fait à Cadarache, et de comprendre pourquoi et comment on le fait. En une centaine de pages, le document dépasse donc l’obligation légale afin de permettre de «Tout Savoir sur Nous»… comme TSN! Car c’est aussi le sens de ce rapport, et de cette série d’articles. Afin de tenter de redonner du sens à un concept sans doute galvaudé: la transparence.

4. Pourquoi il n’est pas plus dangereux de travailler à Cadarache qu’ailleurs
La radioactivité est partout. Et ce n’est pas nouveau. Nous avons donc vécu avec, sans le savoir, jusqu’au travaux menés par Henri Becquerel, et Pierre et Marie Curie, à la fin du XIXe siècle. Cette omniprésence va donc à l’encontre de la perception commune qui associe systématiquement radioactivité et dangerosité. Car elle n’est dangereuse que dans certains cas bien précis. Il est donc indispensable de pouvoir la surveiller afin de savoir quand et comment s’en protéger. C’est le rôle de la radioprotection.
A Cadarache, 130 personne travaillent au sein d’un service dédié: le SPR. Le Service de Protection contre les Rayonnements ionisants est dédié à la prévention du risque radiologique et, surtout, il est totalement indépendant des services opérationnels et d’exploitation. L’une de ses principales missions touchent à la surveillance: surveillance radiologique des zones de travail, mais également de l’environnement. Sans oublier la surveillance de la bonne application des règles en vigueur. Le SPR a également un rôle de conseil, formation et information.
Il est en effet toujours bon de rappeler que plus de 66% de l’exposition humaine est d’origine naturelle. L’exposition artificielle est très essentiellement due aux applications médicales. Quant à l’industrie nucléaire, elle ne représente que 0,3% de l’exposition totale. Conformément à la législation en vigueur, «la somme des doses efficaces reçues par un travailleur ne doit pas, réglementairement, dépasser 20 mSv* sur douze mois consécutifs». Sachant qu’une dose est considérée comme faible quand elle est inférieure à 200 mSv, il est intéressant de savoir que l’exposition moyenne annuelle en France est de 2,4 mSv. Il s’agit d’une exposition totalement naturelle qui augmente avec l’altitude (3,6 mSv à 1500 mètres). Et elle monte jusqu’à 50 mSv au sud-ouest de l’Inde ou au Brésil. La dose est de 1 mSv pour un acte médical tel qu’une radio, et elle atteint 10 mSv dans le cas d’un scanner thoracique.
Les résultats obtenus en 2012 sont donc présentés dans le rapport TSN: la dose moyenne par salarié CEA était de 0,20 mSv en 2012 et la dose maximale enregistrée était de 4,32. Mais on trouve également dans le rapport les résultats des salariés des entreprises extérieures, sachant qu’un travail important a été conduit en 2012 concernant la radioprotection des activités sous-traitées. Des réunions périodiques entre Personnes Compétentes en Radioprotection (PCR) du CEA, d’Areva, de l’IRSN et des entreprises extérieures ont été mises en place dans le but de favoriser les échanges sur l’application des règles de radioprotection.
Enfin, en matière de médecine du travail, la surveillance de l’exposition interne permet aussi de confirmer le caractère négligeable de ce rayonnement et, donc, de valider les conditions de travail et l’ensemble des dispositifs de prévention. Et si l’on s’éloigne de Cadarache, plus de 400000 personnes ayant une activité en lien avec le nucléaire (industrie et/ou recherche), ont été suivies depuis les années 50. Une étude à long terme qui permet aujourd’hui d’affirmer que l’état de santé de ces personnes est au moins aussi bon voire meilleur que celui celui de la population française. Sachant qu’aucun excès de cancers ou de leucémies n’a jamais été relevé par des spécialistes de ce sujet à proximité des sites nucléaires.
*Les effets biologiques des rayonnements sur un organisme exposé se mesurent sievert et s’expriment en «dose». L’unité la plus couramment utilisée est le milisievert ou mSv.