Accueil » Actualités, Communiqué, Environnement, Evénements, Presse, Publications, Sciences et techniques

Un rapport TSN pour Tout Savoir sur Nous: 1. La centrale de Cadarache n’existe pas

TSN comme Transparence et Sûreté Nucléaire. Un document officiel que le CEA se doit de produire afin de se conformer à la Loi relative à la Transparence et à la Sécurité Nucléaire de 2006. Même si, au-delà de l’obligation légale, ce rapport ressemble fort à un mode d’emploi. Une notice qui permet de savoir ce que l’on fait à Cadarache, et de comprendre pourquoi et comment on le fait. En une centaine de pages, le document dépasse donc l’obligation légale afin de permettre de «Tout Savoir sur Nous»… comme TSN! Car c’est aussi le sens de ce rapport, et de cette série d’articles. Afin de tenter de redonner du sens à un concept sans doute galvaudé: la transparence.

1. La centrale de Cadarache n’existe pas
La «centrale» de Cadarache. Qui n’a pas entendu, ou prononcé, au moins une fois cette expression? Un raccourci très éloigné de la réalité qui tendrait à faire oublier ce qu’est réellement le centre CEA de Cadarache. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives n’a en effet pas installé la moindre centrale sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance. En revanche, il a permis au lieu-dit «Cadarache» de devenir, en l’espace de 54 ans, le premier centre européen de recherche sur les énergies bas carbone. Le CEA Cadarache est l’un des dix centres CEA installés en France. Et c’est donc l’un des plus importants en Europe pour tout ce qui touche aux développements technologiques pour l’énergie. Les programmes développés ici, aux confins de quatre départements (Bouches-du-Rhône, Alpes-Haute-Provence, Var et Vaucluse) concernent l’énergie nucléaire mais également les énergies alternatives comme le solaire, la biomasse, ou biocarburants. La partie nucléaire touche aussi bien la fission, technologie actuellement maîtrisée et utilisée pour fournir les particuliers en électricité, que la fusion. Et c’est précisément ce positionnement en matière de recherche expérimentale qui a permis à Cadarache d’être choisi pour accueillir le projet ITER.
Pour mener à bien sa mission de recherche, le CEA Cadarache dispose d’une palette de services permettant de gérer l’ensemble des processus: des matières nucléaires aux installations de recherche en passant par toutes les mesures de sécurité et de sûreté. Sans oublier la gestion de l’ensemble des réseaux: eau, électricité, chauffage, alimentation, transport… Sachant que pour le CEA, gérer signifie aussi surveiller. A commencer par l’impact radiologique du site, rigoureusement surveillé en interne comme en externe, notamment par des organismes publics. Tous se rejoignent d’ailleurs pour affirmer que les activités du centre n’ont pas «d’impact significatif sur l’environnement». Autrement dit, l’impact est 500 fois plus faible que la limite de dose réglementaire au public (qui est de 1 millisievert par an). Au-delà des impacts liés au centre lui-même, il est en effet actuellement admis que 66% de l’exposition humaine est d’origine naturelle. Quant à l’exposition artificielle, elle est essentiellement due aux applications médicales. L’industrie nucléaire et les retombées atmosphériques ne représentent que 0,3% de l’exposition totale. Enfin, toujours en matière de risques liés aux activité du CEA Cadarache, la sismicité liée à la faille de la moyenne Durance est prise en compte dans toutes les directives de sûreté. Elle fait d’ailleurs l’objet d’inspections et d’exercices réguliers, à l’image de la simulation nationale organisée en janvier 2012. L’ASN n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer en avril 2012, devant les membres de la Commission locale d’information (CLI) que «la prise en compte du risque sismique par le centre de Cadarache est exemplaire». A noter enfin que l’impact du centre sur son environnement peut également être mesuré d’un point de vue économique: la cellule animation scientifique et actions régionales (C2A) vient en effet de finaliser une méthode statistique validée par l’INSEE. Le centre emploie 2290 personnes: il s’agit là d’emplois statutaires directs et ce chiffre n’inclue donc pas l’intérim. Le CEA Cadarache génère également 2229 emplois indirects via ses commandes. Un chiffre auquel on peut ajouter l’emploi induit, conséquence des salaires versés par le CEA et qui viennent alimenter l’économie locale; soit 902 personnes. Le nombre d’emplois total généré par le centre est alors de 5421. Le tout sans la moindre centrale!