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Test de l’itinéraire ITER: le CEA a rempli ses engagements

Vendredi 20 septembre, 4 heures 45. La gigantesque remorque bleue aux 352 pneus effectue ses ultimes manoeuvres pour pénétrer sur le site du programme de recherche ITER, à Cadarache. Ses derniers tours de roue avant d’être intégralement démontée pour être rapportée à son point de départ sur des camions classiques. Elle boucle ainsi un périple de 104 kilomètres à travers les Bouches-du-Rhône. Entre Berre-l’Etang et Saint-Paul-lez-Durance, le convoi spécialement conçu par le transporteur et logisticien marseillais Daher a pu tester l’itinéraire aménagé pour transporter les éléments du réacteur expérimental. Une semaine de tests concluante puisque le premier objectif a été atteint: traverser le département d’ouest en est afin de relier le port au site de recherche.
D’un point de vue purement technique, Daher et l’Agence ITER France (antenne du CEA Cadarache responsable de la construction et de la coordination de l’itinéraire) ont démontré qu’il est bel et bien possible d’effectuer un transport très exceptionnel: 800 tonnes (dont 172 uniquement pour la remorque), 33m de long, 10,4m de haut et 9m de large. Aucun obstacle n’a entravé le déplacement du convoi qui est donc arrivé à bon port, bouclant ainsi l’un des engagement de l’Etat français au titre de l’accueil du programme de recherche en France. Des engagements dont le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives a la responsabilité, comme n’a pas manqué de le souligner Osamu Motojima à l’heure des remerciements et félicitations: «l’arrivée de ce convoi est l’aboutissement de plusieurs années d’efforts de la part des autorités françaises et je tiens à leur exprimer ma plus profonde reconnaissance». Le directeur général qui a également tenu à remercier l’Agence ITER France, Fusion for Energy et la société Daher «pour leur professionnalisme et la qualité du travail accompli».
Ce test a également servi de support à toutes une batteries de mesures, effectuées par le CETE Méditerrannée (Centre d’études techniques de l’équipement), afin de vérifier que la déformation des ouvrages spécialement conçus ou aménagés est conforme aux études théoriques. Pour y parvenir, la remorque est d’ailleurs passée à trois reprises sur chacun des ponts! Enfin, cette campagne a également permis d’éprouver l’organisation mise en place autour du convoi: une véritable «bulle de sécurité», identique à celle du Tour de France cycliste, gérée par la gendarmerie nationale. 140 militaires ont en effet assuré une double mission: assurer la sécurité physique d’un convoi, qui dès 2014, transportera des pièces d’une très haute valeur technologique; mais également assurer la sécurité des usagers de la route qui devaient pouvoir circuler au mieux pendant 4 nuits. Sans oublier les démontages et remontages d’un millier de panneaux de signalisation, ou l’ouverture et la fermeture des axes de circulation. «Globalement, tout s’est bien déroulé durant cette première opération de mesures», analysait en fin de semaine Roland Zamora, responsable de la cellule ITER pour la gendarmerie. «Il nous faudra tout de même examiner les petites difficultés rencontrées, comme l’endommagement de deux lignes d’essieux à la fin de la deuxième nuit avant d’arriver sur l’aire d’arrêt». Un incident mineur qui n’a pas eu de conséquences sur le déroulement de la campagne de tests.
Reste donc désormais à attendre deux documents: le rapport du CETE, attendu d’ici à novembre 2013. Et le bon de commande émis Fusion for Energy, l’agence domestique européenne, pour que Daher procède à l’étape suivante: une répétition générale qui devra cette fois valider les temps de déplacement. La gigantesque remorque bleue aux 352 pneus ne devra cette fois pas mettre plus de 3 nuits pour relier Berre à Cadarache. Elle sera ensuite prête à rentrer dans le vif du sujet avec, en juin 2014, le transport d’un premier élément en provenance des Etats-Unis.
A noter enfin que cette première traversée des Bouches-du-Rhône a permis de découvrir la réaction du grand public avec, à la clé, une bonne surprises pour l’ensemble des organisateurs. Pas la moindre manifestation d’hostilité et, au total, près de 2000 personnes qui se sont spontanément déplacées sur les deux stations d’accueil du public (à Berre l’Etang et à Peyrolles-en-Provence). Sans oublier les très nombreux curieux qui ont assisté à l’évolution du géant bleu, parfois jusqu’au milieu de la nuit.