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Sûreté au CEA Cadarache: « robustesse et implication »

L’arrivée de l’été ressemble fort à l’avènement de la saison de … la transparence! En effet, à quelques semaines de la parution du rapport TSN* du centre de Cadarache, la réunion plénière organisée par la Commission locale d’information a été l’occasion d’un premier bilan, effectué par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Laurent Deproit, chef de la division de Marseille de l’ASN, a ainsi réalisé un état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection sur les installations du site de Cadarache, devant les membres de la Cli. Pour ce faire, il s’est appuyé sur les 41 inspections (contre 50 en 2014) réalisées en 2015 sur les installations nucléaires de base (INB) du centre; mais également sur les 32 événements (23 en 2014) déclarés par le CEA, quatre d’entre eux ayant fait l’objet d’un classement au niveau 1 de l’échelle INES.
Dans le secteur du nucléaire, tous les événements anormaux doivent en effet être signalés à l’ASN, qui les classe selon leur gravité via l’échelle internationale INES, graduée de 1 à 7. Le niveau 1 est qualifié d’anomalie sans conséquence sur le public et l’environnement. On parle d’incident pour les niveaux 2 et 3. Et on a affaire à un accident à partir du niveau 4. Mais il existe également un niveau 0, hors échelle, qualifié « d’écart ». Il s’agit des événements les plus courants, qui peuvent intervenir lorsque le protocole n’a pas été intégralement respecté. Ils n’ont aucune conséquence sur la sûreté de l’installation ni sur la sécurité des intervenants. Ils sont notifiés pour maintenir un niveau d’excellence en matière de sûreté et de comportement des opérateurs.
Le chef de la division de Marseille a tout d’abord déclaré que « l’ASN considère que la direction du centre maintient une bonne implication dans la sûreté des INB: elles sont exploitées dans des conditions de sûreté globalement satisfaisantes, même si des disparités demeurent entre les 21 INB du centre ». Autre constat, lié cette fois à l’activité du centre, « marquée par de nombreux travaux d’ampleur et de nature diverses, en cours ou prévus: constructions, rénovations et démantèlements ». Dans ce registre, l’ASN a d’ailleurs souligné que « le projet RJH est mené avec rigueur et que le chantier est bien organisé ». L’Autorité de sûreté a néanmoins tenu à souligner « que des progrès sont attendus dans les domaines suivants: gestion et suivi des sources radioactives, et gestion des équipements sous pression ».
Concernant la radioprotection, l’ASN « considère que l’organisation actuelle est robuste »; Laurent Deproit soulignant d’ailleurs que la gestion du mouvement social engagé fin 2014 a été « rassurante ». Le centre a également eu droit à une mention « globalement satisfaisante » pour sa gestion des déchets: « les rejets des installations demeurent faibles et la radioactivité dans l’environnement est bien surveillée, même si la prise en compte des enjeux environnementaux dans les dossiers de modification remis par le CEA doit être améliorée ». Le chef de division a en effet rappelé que « l’éventuelle poursuite de fonctionnement d’installations anciennes est un enjeu majeur et que l’ASN veillera à ce que les mises à niveau prescrites soient effectivement réalisées, en dépit des contraintes économiques, financières et budgétaires auxquelles sont confrontées les exploitants ».
En la matière, le CEA a d’ores et déjà engagé un vaste programme de mise à niveau. Outre la construction du RJH, le pôle fission travaille au renouvellement de ses laboratoires, à l’image du projet MOSAIC qui, à l’horizon 2025, sera non seulement le seul laboratoire chaud du CEA, mais également le seul en France. Toujours dans la fission, mais cette fois au niveau de la gestion des déchets et des effluents, le CEA Cadarache a mis en service trois nouvelles installations ces 10 dernières années. Le centre est donc désormais à la pointe, et en adéquation avec les toutes dernières contraintes règlementaires, assurant une protection optimale du personnel exploitant, mais également de l’environnement. Enfin, Christian Bonnet, directeur du centre, a rappelé que « si le budget annuel (740 millions d’euros) implique parfois d’établir des priorités dans l’ordre des travaux à effectuer, les choix ne sont jamais réalisés au détriment de la sûreté, qui est et reste une priorité! »