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Sûreté: « Détecter l’indétectable pour continuer à progresser »

Didier Dall’ava a quitté la direction de l’assainissement et du démantèlement du CEA, à Saclay, pour rejoindre le centre de Cadarache au poste de directeur délégué à la sûreté et à la sécurité, en remplacement de Didier Kimmel. Cet ancien chef d’INB (Phénix et Lefca notamment) retrouve un
centre qu’il connaît bien: « un des centres les plus représentatifs du CEA du fait de la diversité de ses installations, de ses laboratoires, de ses réacteurs de recherche… »
Une diversité qui, pourtant, ne doit jamais se faire au détriment de la sûreté: comment y parvenir?
Malgré la variété des activités, dans tous les cas, il y a un dénominateur commun qui est la culture de la sûreté. Et le terme de « culture » est important car, en plus de ce qui peut être appris, il y a une imprégnation et une transmission propres au CEA. C’est ce qui fait que cet enjeu est désormais parfaitement intégré par tous.
Comment qualifieriez-vous ce bilan de la sûreté?
Cadarache est perçu, à juste titre, comme un centre qui maîtrise le mieux sa sûreté du fait de cette démarche continue. Car c’est précisément un domaine dans lequel on ne peut jamais, et on ne doit jamais, se reposer sur ses lauriers. Chaque événement, même insignifiant et hors échelle INES (que l’on appelle quand même significatif pour rester vigilant), fait l’objet d’un retour d’expérience afin de progresser, encore et encore.
Mais quel est l’intérêt de considérer des événement insignifiants?
Détecter l’indétectable pour progresser: c’est aussi ça la culture de la sûreté. Comme l’a répété le
directeur en début d’année lors de la cérémonie des voeux, sûreté et sécurité constituent des priorités. Et c’est seulement ainsi que l’on pourra continuer à avoir de bons résultats et inspirer la confiance.
Une confiance qui passe aussi par les nombreuses inspections de l’ASN…
A mes yeux, nos relations avec l’Autorité de Sûreté Nucléaire se résument en un seul mot : transparence. Car on ne peut pas se permettre de laisser de côté une quelconque information susceptible d’avoir un impact sur la sûreté. D’ailleurs, depuis plusieurs années, l’avis de l’ASN sur la sûreté au CEA Cadarache, est « globalement satisfaisant ».
La construction d’un nouveau réacteur de recherche, le RJH, et d’un nouveau centre d’intervention de secours (NCIS) s’inscrivent donc dans cette logique de progression?
Dans le cadre du RJH, l’un des projets phares du centre, nous allons franchir dans les années qui viennent tout le processus des autorisations de sûreté afin d’aboutir au démarrage du réacteur. C’est donc un enjeu majeur en la matière.
Avec le NCIS (lire ci-dessous), l’objectif est d’aboutir à un centre de secours dans lequel chacun pourra travailler de façon idéale et optimale en fonction des différents retours d’expérience récents, notamment celui de Fukushima.
Autre échéance en la matière, l’exercice national programmé en juin?
Nous aurons encore l’occasion de nous entraîner cette année en 2015 lors d’un exercice PPI (plan particulier d’intervention) national planifié en juin. L’objectif sera de tester notre capacité de réaction par rapport à un scénario dont nous ignorerons tout. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce genre d’exercice, c’est l’ampleur de la simulation, qui permet de tester la coordination avec l’ensemble des parties prenantes: CEA, pompiers, gendarmes, communes voisines, Préfecture…
Ce type d’entraînement est donc primordial?
Oui bien sûr! C’est précisément pour cela que nous n’attendons pas ce type d’exercice pour nous entraîner: de nombreuses simulations sont réalisées en interne, dans la cadre du PUI, le plan d’urgence interne. Et il peut y en avoir jusqu’à 6 par an!