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Séismes: le CEA ne tremble pas, l’ASN non plus

«La prise en compte du risque sismique par le centre de Cadarache est exemplaire!» Ghislaine Verrhiest-Leblanc, inspecteur de l’ASN, n’a pas tremblé au moment de vanter les mérites du CEA Cadarache en matière de prise en compte du risque sismique. Un sujet récurrent dans le secteur, en raison de la proximité de la faille de la Durance, que la CLI a souhaité une nouvelle fois évoquer en demandant à l’Autorité de sûreté, et à l’exploitant, d’effectuer un point d’étape des opérations en cours pour pallier cet aléa sismique. Ghislaine Verrhiest-Leblanc a donc d’abord rappelé les références en la matière: un SMHV (séisme maximal historiquement vraisemblable) d’une magnitude de 5.3, majoré de 0.5 pour obtenir le SMS (séisme maximum de sécurité) mais également un paléo-séisme de magnitude 7. Autrement dit, toutes les INB de Cadarache doivent être en mesure de résister à un séisme de magnitude 7.
Contrairement aux normes appliquées dans le bâtiment civil, toutes les INB doivent pouvoir revenir à leur état initial. «On ne veut pas du tout d’endommagement du bâtiment, contrairement au bâti courant où la libération d’énergie peut aboutir à une destruction partielle». Autant d’obligations, inscrites au sein des Règlementations fondamentales de sûreté (RFS), dont la dernière mise à jour remonte à 2001. Et c’est précisément parce que cette démarche est évolutive que l’exploitant doit prendre en compte le risque dès l’élaboration du bâtiment, puis tout au long de sa vie, afin de suivre l’amélioration continue de la sûreté. Et ce, en fonction des travaux de recherche sur le comportement des structures et des équipements, et le développement des dispositifs de prévention.
D’où la stratégie mise en place par le CEA Cadarache, dans un centre dont les premières installations, construites il y a 50 ans, ont logiquement été dépassées en la matière. Le point de départ de la réflexion tient à la pérennité d’une installation en fonction des besoins du CEA. Et à partir du moment où le besoin est établi, la réflexion des experts du centre suit une ligne stratégique désormais rodée avec, à chaque fois, des choix binaires exclusifs. Donc, soit l’installation est conforme aux normes de sûreté, et on continue à l’exploiter, soit elle ne l’est pas. Si elle ne l’est pas, on a à nouveau deux possibilités: soit on en a encore besoin, soit on peut s’en passer. Si on ne peut pas s’en passer, là encore, deux solutions peuvent être mises en oeuvre. Soit on peut, techniquement et financièrement, la renforcer. Alors on le fait. Soit on ne peut, alors on en construit une autre qui, bien sûr, sera parfaitement conforme aux normes. Etant entendu qu’une fois le transfert, de matières et de compétences, terminé, on assainit et démantèle l’ancienne installation. Et c’est précisément grâce à cette stratégie que les 20 INB du CEA Cadarache sont conformes à la règlementation et, donc, aux exigences de l’ASN.
Enfin, cette conformité passe par les retours d’expérience effectués après chaque exercice. Et, bien sûr, depuis l’accident de Fukushima. L’ASN a d’ailleurs réalisé 11 inspections depuis le 11 mars 2011. Et c’est précisément à partir de ces inspections que l’Autorité peut aujourd’hui affirmer que «la prise en compte du risque sismique du centre de Cadarache est exemplaire, même au sein du CEA». A l’origine de ce satisfecit, on note «l’amélioration du niveau de prise en compte et le fort investissement du CEA Cadarache en la matière». Des points qui sont d’ailleurs nettement ressortis, le 17 janvier 2012, à l’occasion de l’exercice d’envergure nationale simulant un séisme impactant le CEA Cadarache mais également les communes alentours. Avec, autrement dit, des conséquences d’ordre nucléaire mais également en matière de protection civile. «Malgré des conditions très dégradées, notamment en termes de communication, l’exploitant a su gérer la situation», a souligné Ghislaine Verrhiest-Leblanc, qui est également référent «séisme» à la division de l’Autorité de sûreté de Marseille. «Le retour d’expérience est très positif, notamment en ce qui concerne la manière dont la crise a été traitée et gérée par l’exploitant». D’où la volonté des acteurs ayant participé à l’exercice de janvier 2012 de créer un groupe national, afin que ces enseignements profitent à tous.