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Quand les débats jouent aussi la carte de la transition

Un député UMP réputé pro-nucléaire qui ouvre une journée organisée par la Société française d’énergie nucléaire… Contrairement aux apparences, la 3e édition de ce colloque aixois, organisé dans la cadre du débat sur la transition énergétique, n’avait rien d’un plaidoyer. Car à l’heure où la notion de « mix énergétique » alimente tous les débats, on a pu constater la pertinence des arguments détaillés au fil de la journée. A commencer, donc par ceux de Julien Aubert qui, au-delà d’une réputation de « pro » ou « anti » a surtout souhaité briser les carcans afin d’ouvrir le champ des possibles, aussi du côté du nucléaire que du schiste (lire notre article « Et si le nucléaire passait à l’orange? »).
L’intervention d’Alain Bugat, président de l’Académie des technologies, s’est donc inscrite dans cette voie de « la réflexion indépendante sur les thématiques de l’énergie ». Après avoir déclaré être favorable à une exploration et une estimation des réserves françaises de gaz de schiste, l’ancien administrateur général du CEA, a détaillé les apports de l’Académie sur des domaines aussi variés que la réglementation thermique, l’impact du méthane sur le climat ou encore le caractère aléatoire des renouvelables. « Il est nécessaire d’avoir un point de vue plus global afin de parvenir à un équilibre raisonnable de technologies plutôt que de discuter sur la virgule qu’il doit y avoir après les 63 GW de puissance nucléaire installée pour argumenter sur la fermeture de telle ou telle centrale. Et, dans le même temps, il est évident que les renouvelables sont intéressantes, notamment en matière de développement de filière locale ».
Entre réflexion indépendante et lobby, les propos d’Alain Bugat ont sans doute eu un écho au moment des interventions suivantes avec notamment, le plaidoyer pro-gaz de Jérôme Ferrier, président de l’Association Française du Gaz (AFG) et de l’Union Internationale du Gaz. Avec comme point de départ, l’association souvent systématique entre gaz et pétrole. « Le gaz est d’abord une énergie qui a plus de deux siècles de réserves, réparties à travers le monde. Une énergie facilement accessible grâce à des infrastructures très développées, comme les réseaux de transport et de distribution, les stockages et les terminaux méthaniers. Et c’est la meilleure alliée des énergies renouvelables en répondant aux situations d’intermittence et de surproduction. Enfin,, le gaz est une énergie qui va devenir de plus en plus verte, grâce à la production de biométhane sur le territoire français à partir de déchets ménagers ou agricoles ».
C’est d’ailleurs sur le terrain de l’innovation que le mix énergétique peut encore progresser, notamment dans le secteur des transports qui représente à lui seul 28% de la demande énergétique mondiale, comme l’a rappelé Olivier Appert, alors président de l’IFP Energies nouvelles (il a depuis été nommé Directeur délégué de l’Académie des technologies). Mais le secteur peut être amélioré avec notamment « l’optimisation du moteur thermique qui, à échéance 2020, aurait une consommation moyenne de 2 litres/100 (contre 4,6 en moyenne aujourd’hui) ». Pour y parvenir, Olivier Appert estime que l’un des enjeux majeurs se situe au niveau des motorisations hybrides afin de profiter de la complémentarité entre thermique et électrique ». Comme une nouvelle démonstration que, loin de se contredire, des technologies jadis opposées peuvent devenir les futures briques de la construction de notre prochain mix énergétique.