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Programmation pluriannuelle de l’énergie: le CEA Cadarache au coeur des enjeux

Cela fait bientôt 10 ans que le CEA ne signifie plus seulement « Commissariat à l’énergie atomique ». Le rajout des « Energies alternatives » dans l’intitulé même de l’organisme de recherche, positionne le CEA comme un acteur majeur de la transition énergétique. Et c’est donc à ce titre qu’il a officiellement contribué au débat public national. Son « cahier d’acteur » est disponible au même titre que toutes les contributions, sur le site officiel du débat (ppe.debatpublic.fr).
Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) contribue en effet à la transition énergétique en développant des technologies pour l’efficacité énergétique et la production d’énergie bas carbone, mais également en transférant le résultat de ses travaux à l’industrie. Via le CEA, la France possède donc une expertise de premier plan en matière de maîtrise de l’énergie. Et le CEA Cadarache est aussi l’un des plus importants centres de recherche européens en matière d’énergies bas carbone. Enfin, il apporte des compétences dans le domaine du numérique, clé pour la gestion de l’offre et pour la maîtrise de la demande d’énergie. Autant de thématiques qui sont étudiées et développés dans les installations de Cadarache…
Faire progresser le stockage
Basée à Cadarache, la plateforme « Mégasol » dispose de 12 MW de puissance crête photovoltaïque installée et couplée au réseau public de distribution. Elle est un support à des actions de R&D menées en partenariat avec les exploitants de ces centrales solaires, sur l’optimisation de la production d’électricité renouvelable, l’insertion de cette électricité sur le réseau, et les services qu’elle peut rendre. Par ailleurs, sur sa plateforme solaire située à l’intérieur du centre de Cadarache, le CEA a déployé un réseau de technologies innovantes qui permettent d’assurer la gestion de l’énergie thermique, de la récupérer et de la stocker. L’objectif étant de pallier à l’intermittence d’énergies renouvelables intrinsèquement dépendante de la ressource (le soleil, en l’occurrence). Le CEA travaille depuis plus de 20 ans sur la filière hydrogène. Aujourd’hui produit à partir de ressources fossiles, l’hydrogène le sera demain par électrolyse de l’eau. Le CEA a développé une technologie avancée, dite à haute température, dont le rendement très élevé permettra de produire de l’« hydrogène vert » à prix compétitif. Le projet « Hygreen Provence », sur le territoire de la communauté d’agglomération DLVA, devrait permettre de stocker cet hydrogène en cavité saline.
La place du nucléaire
La place du nucléaire dans le mix énergétique doit être analysée au regard de ses apports à la lutte contre le réchauffement climatique, à l’économie de notre pays, ainsi qu’à l’autonomie énergétique et à l’équilibre (à tout instant) du réseau électrique », rappelle le CEA dans sa contribution au débat. La France a souhaité que la part du nucléaire dans le mix électrique décroisse à 50%, sans augmenter les émissions de CO2. Pour le CEA, « il s’agit d’une logique de rééquilibrage et de diversification de nos sources d’approvisionnement. La production nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre, et est suffisamment flexible pour accompagner le développement des énergies renouvelables en Europe. Par ailleurs il n’existe pas, aujourd’hui, d’autre technologie pour un mix électrique puissant, peu émetteur de CO2, opérationnel, économiquement acceptable…
et qui peut aider à décarboner les secteurs de l’habitat et des transports ». Dans cette optique, le centre bucco-rhodanien et ses installations de pointe, contribue à l’efficacité et à la sûreté de la filière, mais également à son avenir. La construction en cours du réacteur expérimental RJH ou la récente mise en service du tokamak WEST, en soutien au projet ITER, constituent deux exemples majeurs. Mais, depuis sa création en 1959, il est l’un des principaux contributeurs au développement des différentes filières de réacteurs. Il dispose actuellement de compétences et d’installations de renommée internationale dans les domaines des réacteurs, des combustibles et de la technologie nucléaire.
Se passer des ressources fossiles
Le CEA s’implique fortement sur la décarbonation de l’industrie chimique et la production de carburants renouvelables. Il étudie en particulier la production de molécules chimiques d’intérêt pour l’industrie par utilisation du surplus d’électricité bas carbone produite, notamment d’origine renouvelable, pour convertir le CO2 émis par l’industrie et obtenir ainsi des molécules « vertes » (méthane, méthanol, éthanol).
Les recherches des biologistes du CEA Cadarache portent sur la compréhension des mécanismes d’adaptation mis en place par les végétaux, les micro-algues et les bactéries dans des conditions environnementales très variées (pollutions diverses, rayonnements
ionisants, forte lumière, manque d’eau). Elles visent également à étudier les voies de synthèse de molécules énergétiques telles que l’hydrogène ou les lipides de réserve, en vue de développer des procédés nouveaux de production de biocarburants.