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Pose du dôme du RJH: réussite spectaculaire

Ce type d’opération ne supporte ni le hasard, ni la superstition… Personne n’a donc hésité à effectuer l’une des opérations les plus spectaculaires, et les plus sensibles, dans la construction du Réacteur Jules Horowitz, un vendredi 13. L’objectif étant de se positionner dans la meilleure fenêtre météo possible, car pour déplacer un dôme de 105 tonnes à l’aide d’une grue, le vent ne doit pas souffler à plus de 18 km/h.
Vendredi 13 décembre à 10h36, la grue à chenilles d’une capacité de levée de 600 tonnes, s’est donc mise en action: le dôme circulaire a progressivement quitté le sol pour s’élever dans les airs. Un moment à la fois solennel et impressionnant puisque l’opération concilie les extrêmes: une véritable horlogerie XXL où chaque seconde et chaque millimètre ont été précisément étudiés en amont. Si bien qu’au fil du levage, de la translation et de la rotation, le gigantesque dôme torisphérique de 35 mètres de diamètre, prenait des allures de soucoupe volante. Image quasi irréelle d’un chapeau d’acier suspendu dans les airs pendant près de 90 minutes. Outre les nombreuses personnes invitées à assister à l’opération, plusieurs centaines de salariés « chantier » du CEA s’étaient installées à proximité du chantier afin de participer à ce moment rare et exceptionnel. Le centre de Cadarache avait même installé des caméras afin que chacun puisse aussi, via l’intranet, visionner l’opération en direct sur son ordinateur.
Peu après midi, le futur coffrage métallique arrivait presque tranquillement à proximité de sa destination finale. La grue achevait l’ultime opération de translation et de levage avant que la toiture provisoire soit minutieusement placée en rotation … à la main! Là encore, le jeu des extrêmes était aussi surprenant qu’impressionnant afin d’aboutir à la précision millimétrée exigée sur ce type de chantier. Cette rigueur a d’ailleurs guidé chacune des étapes précédentes, notamment au niveau du montage au sol du dôme afin de réaliser un véritable ouvrage d’art: 5 kilomètres de soudure ont en effet été nécessaires pour assembler 51 éléments composés de tôles d’acier de 5 millimètres d’épaisseur. Même si, comme a tenu à le souligner Christophe Beretti, chef du projet de réalisation du RJH pour le CEA, « le succès de cette opération est le fruit d’une année complète de travail et de collaboration. Ce n’est pas l’opération d’une seule journée ni celle d’un seul fournisseur. En revanche, c’est un jalon majeur du projet: celui auquel on se devait de se conformer dans le cadre du Programme d’Investissement d’Avenir ».
Le réacteur Jules Horowitz dont la construction et l’exploitation est le fruit d’une coopération internationale regroupant 12 partenaires de la recherche et de l’industrie: aux côtés du CEA, on retrouve donc les partenaires industriels, EDF, AREVA, VATTENFALL et les instituts de recherche SCK (Belgique), CIEMAT (Espagne), NRI (République Tchèque), VTT (Finlande), IAEC (Israël), DAE (Inde), JAEA (Japon), NNL (Royaume-Uni) et la commission européenne.
Le RJH est un réacteur expérimental dédié aux études de comportement sous irradiation des combustibles et des matériaux pour les différentes générations de réacteurs nucléaires. Sa création a été autorisée par décret, le 12 octobre 2009. Ses missions seront multiples puisqu’il servira au développement et à la qualification des matériaux et des combustibles utilisés dans les centrales actuelles et futures. Sûreté, maintien des compétences et formation feront également partie du quotidien du futur réacteur qui, en outre, produira des radio-isotopes pour la médecine.