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Partenariat et anniversaire ou le maillage du territoire selon le CEA

Quels liens entre une convention de partenariat, le 25e anniversaire d’un réacteur expérimental et une conférence sur l’image véhiculée par le nucléaire? C’est Alain Michel qui nous apporte un début de réponse, au sortir d’une fin de journée marathon pour le CEA présent simultanément sur trois événements.
Ingénieur et consultant indépendant, il était en effet l’invité du CEA et de la Sfen (Société française d’énergie nucléaire) pour une conférence au cours de laquelle il a pointé du doigt tout ce qui, depuis des décennies, se met en travers de la route du nucléaire. Au point que toute tentative d’information soit taxée de propagande. «Quoi de plus frustrant pour un chercheur de voir ses développements scientifiques, extrêmement poussés et pointus, interrompus par la directive d’un gouvernement qui suit la réaction du plus grand nombre? Surtout quand cette réaction est purement émotionnelle…» Pour répondre au désamour du nucléaire, qui connait actuellement une phase ascendante, Alain Michel préfère jouer la sagesse et la patience. «Il est quasiment impossible de répondre à court terme. En revanche, il faut préserver les intérêts du nucléaire à long terme, sans doute à l’échelle d’une génération. Et, surtout, il faut essayer d’utiliser des moyens détournés pour redorer l’image d’un secteur systématiquement pointé du doigt… Pourquoi pas, la fiction, la télé ou la BD?»
Mais derrière l’interrogation en forme de boutade, on pouvait déjà entendre les échos des propos tenus quelques heures plus tôt au musée Granet, au milieu des toiles de maîtres. C’est là en effet qu’ont été symboliquement soufflées les 25 bougies de Tore Supra. Réacteur à fusion expérimental qui, en 1988, confinait son tout premier plasma. Et les photos du tokamak s’étaient presque naturellement invitées dans la cour du musée sans que, finalement, personne ne trouve cela suspicieux. Sans doute parce que l’art apporte une légitimité que peu oseraient remettre en question. Surtout quand les chercheurs et chefs de projet établissent des liens quasi naturels entre les disciplines, à l’image du discours d’Alain Bécoulet, chef de l’IRFM. Lui qui a détaillé cette «activité créatrice d’innovation, d’activité et d’emploi au service du développement économique et du rayonnement de notre si belle région».
Du long terme donc… A l’image des préconisations d’Alain Michel ou d’un partenariat signé avec un centre de formation universitaire. La boucle est alors bouclée puisqu’en fin d’après-midi, Maurice Mazière s’était officiellement engagé aux côtés de Patrick Rousseau. Le directeur du CEA Cadarache et celui de l’IAE (Institut d’administration des entreprises) d’Aix ont ainsi scellé le destin de leurs établissements afin d’officialiser des relations quasi naturelles. Entre management et recherche. Entre esprit d’entreprendre et savoir-faire scientifique. Avec, à chaque fois, la sensation – rationnelle – d’avancées logiques et légitimes puisque le transfert technologique fait officiellement partie des missions régaliennes du CEA.