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Pandora’s Promise ou les promesses d’un film à contre courant

A l’approche des fêtes de fin d’année, les lumières scintillent dans le ciel aixois. La froideur du début de soirée contraste avec l’ambiance feutrée, et chauffée, des salons du Renoir. Comme un symbole de cette irrémédiable croissances des besoins énergétiques… Le cinéma aixois a en effet reçu mardi 26 novembre une projection particulière, et unique, organisée par la SFEN (Société française d’énergie nucléaire). Pandora’s promise: la promesse de Pandore. Le film à l’affiche n’est en effet que très rarement projeté en France compte-tenu des thèses qu’il affiche, et défend, au fil d’images et de scènes aussi soignées que controversées. Moins de trois ans après Fukushima, le réalisateur Robert Stone a décidé de prendre à contrepied la tendance actuelle en affichant, et décryptant, les vertus du nucléaire. Mieux, il appuie l’essentiel de sa démonstration sur les propos d’anciens écologistes anti-nucléaires finalement convertis à l’atome. Les extrêmes sont donc mis en évidence dès les premières minutes du film avec ces témoignages et ces interrogations sur d’anciennes idéologies. Immédiatement suivies d’images de Fukushima!
Oui le nucléaire est dangereux et Pandora’s Promise n’élude pas la question. Au contraire, pendant plus 90 minutes, le film démontre de manière quasi-scientifique l’intérêt du secteur à l’échelle de plusieurs générations. Même si, pendant qu’il rappelle que l’énergie de 450 grammes d’uranium équivaut à celle de 5000 barils de pétrole, il pointe du doigt le péché originel du nucléaire: la bombe. D’où ce premier raisonnement: «si le nucléaire sert à faire des bombes, il ne peut être que dangereux!» Mais Robert Stone va parvenir à dépasser ce paradoxe en mettant en avant les vertus énergétiques du nucléaire au regard de concepts ancrés dans notre quotidien: l’impact environnemental et le réchauffement climatique. Et de rappeler que la toute première centrale construite aux Etats-Unis avait été conçue pour se passer du charbon, afin de le remplacer par une énergie propre.
Le film est rythmé par les témoignages de ces anciens militants qui, à l’heure de Three Mile Island, ont manifesté leur opposition et réclamé l’arrêt des activités nucléaires. Des écologistes que l’on retrouve quelques années plus tard, devant la caméra de Robert Stone avec un discours diamétralement opposé s’appuyant sur une conviction nouvelle: «le cynisme des industries du pétrole va dans le sens des anti-nucléaires». La conclusion est criante: «être antinucléaire c’est soutenir les énergies fossiles!» Le film bascule alors dans une série de courtes démonstrations qui démontent la plupart des idées reçues avec, en préambule, une présentation détaillée des ravages liés au dérèglement climatique, favorisé par les énergies fossiles. Et compte-tenu de l’intermittence des énergies renouvelables, réclamer leur essor revient à favoriser la croissance de la consommation de gaz naturel, indispensable pour compléter un bouquet qui ne cessera de croitre. «On croit qu’on va faire des économies d’énergie mais les besoins sont de plus en plus nombreux; d’autant que l’électricité peut sauver des vies!» Ces commentaires illustrent des images tournées dans toutes ces parties du monde où l’accès à l’énergie reste un luxe, et aboutissent à une prévision sans appel: la consommation d’énergie va doubler d’ici 2050, et elle sera multipliée par trois ou quatre d’ici la fin du siècle!
Dans le même temps, Robert Stone assoit sa démonstration en multipliant les images de ce compteur Geiger qu’il balade aux quatre coins de la planète pour, une fois encore, faire tomber les idées reçues: la radioactivité naturelle du Brésil est 300 fois plus élevée que celle enregistrée aujourd’hui à Tchernobyl où nombre de personnes sont revenues habiter. «Mais parce que la radioactivité est assimilée au cancer, les gens ont peur! Et j’étais comme eux…», témoigne encore cet ancien écologiste américain qui, documents de l’OMS en main, explique que le nucléaire est loin d’être aussi meurtrier qu’on le pense. «Personne n’est jamais mort à cause d’un réacteur nucléaire commercial aux Etats-Unis!»
La boucle est alors bouclée quand le réalisateur assène de nouveau les chiffres liés à l’impact des énergies fossiles: plus de 3 millions de décès et un dérèglement climatique qui mène à notre perte. «Et c’est précisément cela qui m’intéresse: le nucléaire comme outil pour lutter contre réchauffement climatique», avait d’ailleurs déclaré Robert Stone il y a quelques jours lors de la projection parisienne du film. Avec un ultime rappel, toujours sous forme de comparaison: en Allemagne, 10 tonnes de CO2 sont émises par an par personne. C’est deux fois plus qu’en France!