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Minerve: entre ancienneté et notoriété

Dans le cercle fermé des réacteurs expérimentaux, et en particulier les réacteurs de très faible puissance (ou Zero Power Reactor en anglais), il est tentant d’assimiler Minerve à une horlogerie suisse. Avec une précision de l’ordre de 0,1% sur les mesures et une fiabilité éprouvée depuis plus de 50 ans, il est unique en son genre et ses capacités de qualification font, aujourd’hui encore, le bonheur des industriels comme des étudiants. Pourtant, ce parfait dosage de précision et de fiabilité est bien franco-français! Doublement même puisqu’après 17 ans de bons et loyaux services après sa divergence à Fontenay-aux-Roses en 1959, le réacteur a été démonté, déplacé jusqu’à Cadarache où il a été intégralement remonté pour continuer sa carrière. Le tout en moins de deux ans! C’est d’ailleurs ce qui explique que Minerve partage aujourd’hui encore le bâtiment 232 avec Eole, l’autre « maquette critique » de Cadarache.
C’est donc là que le réacteur expérimental participe à la qualification des données nucléaires nécessaires à l’amélioration des formulaires de calcul des cœurs des réacteurs. Sachant que, pour y parvenir, Minerve dispose d’un principe de fonctionnement unique au monde basé sur la technique d’oscillation d’échantillons, couplée à une capacité de compenser immédiatement les perturbations générées. Le tout, sans jamais intervenir manuellement sur le cœur.
L’interprétation des résultats expérimentaux issus de Minerve permettent aux équipes du CEA d’améliorer la connaissance des données nucléaires (en particulier les « sections efficaces »), dont une partie est reversé à la communauté internationale, au travers du projet JEFF piloté par l’Agence de l’Energie Nucléaire (AEN) de l’OCDE.
Et c’est aussi pourquoi, outre son rôle dans l’amélioration des bibliothèques de données utilisées par les différents logiciels de calcul, Minerve est également très prisé en matière de formation et d’enseignement. Entre les étudiants de l’INSTN de Cadarache, de Phelma à Grenoble et les pilotes de la marine nationale (en soutien à Technicatome), ce sont près de 100 personnes qui profitent chaque année des possibilités offertes par le plus ancien réacteur expérimental encore en fonctionnement en France! Une carrière au cours de laquelle Minerve a réalisé de très nombreux programmes, dont beaucoup ont bénéficié d’une belle visibilité internationale. D’où cette notoriété… Ainsi, outre ses partenaires industriels historiques, Minerve est un réacteur très ouvert sur les collaborations internationales, notamment avec la Belgique, la Suisse, les Etats-Unis ou encore Israël.
Pour autant, le CEA prépare aussi la fin de carrière du réacteur. Après une ultime cure de jouvence et un renforcement sismique du bâtiment qui l’abrite, envisagée 2016 et 2017, Minerve mènera une dernière campagne d’expérimentation avant un arrêt définitif programmé pour 2019. Une nouvelle maquette critique, d’ores et déjà baptisée Zephyr (Zero power Experimental PHYsics Reactor) prendra le relais des deux réacteurs Eole et Minerve, dont il intègrera les spécificités. Le CEA en a d’ailleurs débuté la phase de design préliminaire afin de limiter au maximum l’absence d’outil expérimental flexible et performant pour la physique des réacteurs.