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Microsol ou le solaire autonome en démonstration à Cadarache

Après le solaire subventionné, qui a désormais vécu partout en Europe, le secteur cherche toujours son modèle économique. Sachant que sa pérennité passe inévitablement par l’innovation avec un objectif simple: la rentabilité. Dans cette optique, le prototype inauguré le 20 novembre au CEA Cadarache constitue une avancée majeure dans la mesure où elle se base sur un principe jusque-là jamais exploré: l’autonomie. Le principe étant de produire de l’eau chaude (à 180 degrés) grâce au soleil (c’est le solaire thermodynamique) et de la conserver au sein d’un circuit fermé. Un ballon d’eau chaude sert alors de batterie afin de chauffer, générer de l’électricité ou produire de l’eau potable, via un module de désalinisation et purification (jusqu’à 2000 litres par jour).
Lancé en novembre 2011 pour une durée de quatre ans, avec un budget de 10,9 M€, le projet Microsol est emmené par Schneider Electric, qui a pris la tête d’un consortium composé de PME françaises (Exosun, Exoès, Stiral, SAED et TMW), de deux laboratoires universitaires (Paris Ouest et Lorraine) et du CEA Cadarache. Il bénéficie de 5,1 M€ de fonds publics sous forme de subvention et d’avance remboursable, obtenus dans le cadre du programme «énergies renouvelables» des Investissements d’Avenir, gérés par l’ADEME. «Les IA constituent un outil majeur dans la transition énergétique et, à ce titre, Microsol est emblématique», a commenté Bruno Léchevin, président de l’ADEME, qui avait effectué le déplacement à Cadarache pour l’inauguration. «Son rôle est déterminant en matière d’activité économique et de création d’emplois mais, surtout, il permet d’avoir un impact réel sur les territoires et de participer aux dynamiques locales des pays en voie de développement», a également souligné celui qui est aussi vice-président d’Electriciens sans frontières.
Car, loin des gigantesques centrales affichant plusieurs dizaines de mégawatts, Microsol a été conçu pour des secteurs reculés qui ne sont pas reliés au réseau. Le prototype de Cadarache correspond d’ailleurs à la consommation électrique d’un village de 500 à 1000 habitants de la région de Ouagadougou au Burkina-Faso): il produit 2 MW thermiques en permanence (la chaleur pouvant alimenter une cuisine collective ou une usine de pasteurisation de lait) et jusqu’à 50 mégawattheures d’électricité par an. Microsol pourrait ainsi remplacer les traditionnels groupes électrogènes diesel, peu chers à l’achat mais coûteux en carburant et très polluants. Ces générateurs seraient toutefois conservés mais n’auraient qu’un rôle de complément, pendant les saisons des pluies notamment.
Le seuil de rentabilité est fixé à 10 ans sur une centrale qui aurait une durée de vie de 20 ans et dont le coût, qui n’a pas été révélé de manière précise, avoisinerait les 400 k€. A condition bien sûr que la maintenance soit irréprochable… C’est là tout l’intérêt de ce premier prototype qui sera suivi d’une seconde installation, courant 2014, au Kénya. La phase de commercialisation est annoncée à partir de 2015.