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Marielle Rodriguez, technicienne enflammée

Salariée du CEA Cadarache, Marielle Rodriguez a suscité un tonnerre d’applaudissements lors de sa présentation devant les lycéens. Marseillaise d’origine, reconnaissable à son accent, cette femme dynamique nous présente son parcours, son quotidien mais aussi les conseils qu’elle peut apporter aux jeunes ayant participé à la journée « Scientifique, toi aussi ! ».
Comme son frère aîné, après un Bac C, l’ancêtre du bac S, Marielle s’oriente vers une filière scientifique. Elle est mineure quand on l’inscrit à la fac de médecine (NDLR : à l’époque ce sont les parents qui choisissent l’orientation si l’enfant est mineur) avec pour but de « trouver un bon mari ». Une fois la majorité atteinte, elle se réoriente vers une fac de Sciences. Après l’obtention d’un Deug de biochimie, elle poursuit dans le supérieur avec une licence en chimie structurelle, mais cela ne lui plaît pas et elle décide de s’inscrire en BTS Chimie. Ce choix surprend les siens puisqu’il exclut une carrière d’ingénieur. « Mais, moi, ce qui me plaît le plus, c’est de manipuler et pas de me prendre la tête avec des réunions ou des papiers administratifs comme peuvent le faire les ingénieurs ».
C’est cette passion pour la chimie qui la mène à travailler pour le CEA où elle est aujourd’hui technicienne en étude de grains de poudre. Auparavant ingénieur-chimiste dans la chimie verte et les déchets nucléaires, elle commence à Cadarache dans un laboratoire axé sur la vérification de la compatibilité du sodium avec différents éléments. Et elle ne cesse de s’épanouir dans son métier, grâce à sa passion pour la chimie, mais aussi au côté imprévisible de la science… « Quand on arrive le matin, on ne sait pas ce qu’il y aura sur la paillasse !».
« Femmes et sciences » est une thématique qui tient donc particulièrement à cœur à Marielle. Le domaine scientifique possède de trop nombreux clichés qu’elle entend bien faire tomber : « Paradoxalement, pendant mes études de chimie, les trois-quarts des personnes étaient des filles. De plus, dans la partie technique de nos laboratoires, la gent féminine est le mieux représentée. Mais il est vrai que nous rencontrons des problèmes en montant en grade. Les inégalités subsistent toujours. C’est d’ailleurs pour cela que l’association Women in Nuclear Global a été créée. »
Elle souhaite adresser un message aux jeunes, et pas seulement aux jeunes femmes : « Je leur conseille surtout de faire ce qu’ils aiment. Il faut choisir un métier qui nous passionne et faire ce dont on a envie : l’intérêt prime avant tout ! Le travail est aussi un moyen de s’évader dans notre quotidien. A cet âge, même si on ne sait pas vraiment ce que l’on veut faire, on peut déjà commencer à se positionner », conseille-t-elle. « Et puis ce n’est pas parce que tu es mauvais en maths que tu ne seras pas scientifique ! ».
Le CEA Cadarache possède certains avantages, comme le contrat « temps partiel » qui est accordé afin de ne pas mettre de côté la vie de famille. Mais aussi, le changement de laboratoire qui intervient tous les 3 ou 4 ans et qui permet de changer souvent d’activité. Cependant, c’est aussi une contrainte lorsque les laboratoires sont amenés à bouger : on a la possibilité de suivre le laboratoire où l’on travaillait, ce qui peut être problématique lorsqu’il est déplacé hors du site de Cadarache, ou bien changer de laboratoire, même si on ne le souhaite pas forcément… Pour conclure, Marielle Rodriguez ajoute « selon moi le but dans une carrière n’est pas forcément d’aller loin, mais de tout faire avec passion ».

Raphaël ISSELET et Alexandre REYNAUD (Magistère JCO)