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La salle de réalité virtuelle du CEA au service d’ITER

L’Institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique (IRFM), basée à Cadarache, s’est doté d’outils et de bancs de tests spécifiques, parmi lesquels une salle de réalité virtuelle qu’elle met désormais à la disposition du projet West.
L’équipe du projet West, qui doit installer et tester le divertor en tungstène d’ITER dans le tokamak de Tore Supra, travaille régulièrement au sein de la salle de réalité virtuelle de l’IRFM. Cette plateforme collaborative, créée en 2010, permet en effet de visualiser à l’échelle 1 des maquettes numériques issues du bureau d’études. La salle peut fonctionner selon deux modes. Dans le premier, l’opérateur se retrouve immergé dans une maquette numérique 3D et peut alors s’y mouvoir comme s’il y était réellement. Dans le second, la simulation d’un mannequin virtuel va permettre au concepteur de pouvoir anticiper des problématiques d’assemblage ou de maintenance au sein d’une installation complexe.
Dans un espace au volume restreint et dans lequel cohabitent de nombreux dispositifs, notamment de mesure, il est en effet indispensable, tant pour les concepteurs que pour les ingénieurs, d’appréhender la façon de manipuler un composant, de l’introduire dans l’espace du tokamak, au besoin de le retourner, puis de le positionner. « Les outils de réalité virtuelle vont permettre aux équipes du projet West d’élaborer toute une séquence d’assemblage, d’établir le cheminement d’un composant à l’intérieur de la machine, d’anticiper sur l’outillage dont ils vont avoir besoin pour manipuler ce composant, mais aussi de prévoir à quel moment il va être nécessaire de procéder à des campagnes de métrologie », détaille résume Delphine Keller, responsable de cette installation.
Pour mener à bien les développements nécessaires, l’IRFM travaille en étroite collaboration avec le LIST (Laboratoire d’intégration de systèmes et des technologies) du CEA, le Centre de réalité virtuelle de la méditerranée (CRVM) de Luminy, spécialisé sur l’étude du facteur humain et des sciences du mouvement, mais aussi avec les équipes d’ITER. « Pour répondre aux besoins de la fusion, une thèse démarre cette année sur les aspects ergonomiques du poste de travail, en collaboration avec les concepteurs d’ITER », indique Delphine Keller. Il s’agit notamment de pouvoir restituer à l’opérateur les efforts que génère chaque collision avec son environnement. « La salle de réalité virtuelle de l’IRFM est donc un formidable outil qui permet d’optimiser la conception des composants d’ITER et par la même les interventions des opérateurs qui se dérouleront lors de l’assemblage de ces composants mais aussi à l’occasion des opérations de maintenance de la machine ». C’est aussi un outil efficace de formation grâce auquel les opérateurs vont pouvoir se former pour répéter chaque geste virtuellement avant de l’exécuter directement sur la machine.