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Gros plan sur la médecine nucléaire à Cadarache

C’est Maurice Mazière, directeur du centre de Cadarache, qui a ouvert samedi 1er juin le premier séminaire de médecine nucléaire organisé par le CEA. L’occasion d’une présentation du centre bucco-rhôdanien et de ses activités avec, notamment, la construction en cours d’un réacteur expérimental, le RJH (réacteur Jules Horowitz) qui produira des radio-isotopes à usage médical. Le docteur Laurence Lebaron-Jacobs (direction des sciences du vivant du CEA) a ensuite enchainé en détaillant les données actuellement disponibles en matière d’effets sanitaires des rayonnements ionisants. L’occasion de rappeler que plus de 66% de l’exposition humaine est d’origine naturelle. L’exposition artificielle est très essentiellement due aux applications médicales; l’industrie nucléaire et les retombées atmosphériques ne représentant que 0,3% de l’exposition totale.
Les effets de ces expositions artificielles sont étudiées de longue date, notamment sur les victimes d’Hiroshima et Nagasaki pour les fortes doses. Plus récemment, l’accident de Tchernobyl a permis d’aboutir à de premières conclusions: si l’augmentation de cancers a été avérée dans le périmètre de la catastrophe (notamment auprès des enfants ayant moins de 18 ans au moment de l’accident), il n’en est rien dans les pays alentours. Les études menées depuis 1986 démontrent en effet qu’il n’y a pas d’effet Tchernobyl sur l’augmentation des cancers de la thyroïde. Ce type de cancers augmente en effet dans toutes les tranches d’âges et dans tous les pays développés, depuis 1975, notamment en raison d’un dépistage de plus en plus précoce avec des diagnostics très favorables. Ce qui signifie aussi qu’en matière de radioprotection, et donc de faibles doses reçues, aucun effet n’a pu être détecté sur l’homme; même si des études sont toujours en cours.
L’usage des isotopes pour le diagnostic et le traitement médical, bien loin d’être remis en cause, compte aujourd’hui parmi les outils indispensables de la médecine nucléaire, comme l’a rappelé le docteur Jean-Philippe Vuillez, président de la Société française de médecine nucléaire: «l’utilisation des MRP, médicaments radiopharmaceutiques, comme traceurs radioactifs permet une imagerie fonctionnelle, biochimique, cellulaire et moléculaire. Il s’agit d’une exploration non invasive de processus métaboliques, cellulaires et moléculaires dans l’organisme». Une thématique également développée par le docteur Isabelle Imbert-Joscht, praticien hospitalier au sein du service de médecine nucléaire de l’Hôpital Nord de Marseille (au sein de l’AP-HM). On y trouve deux unités fonctionnelles composées de deux gamma-caméras et, depuis 2010, d’un TEP TDM (PET-Scan). Cette technique d’imagerie médicale permet d’identifier certaines lésions tumorales, de faire un bilan d’extension de ces lésions et d’en contrôler la réponse au traitement. Le PET-Scan repose sur l’injection par voie intraveineuse d’un traceur radioactif, dont le la concentration  dans l’organisme qui est fonction du métabolisme tumoral est détecté grâce à une gamma-caméra, la localisation anatomique se faisant grâce au scanner.
A noter enfin que le cycle de conférences s’est terminé par une double présentation de la surveillance des salariés en INB (sachant que le CEA en compte 21) et du LABM. Le Laboratoire d’analyses de biologie médicale réalise des analyses biologiques, radiotoxicologiques et anthroporadiométriques demandées par les médecins du service de santé du travail (SST) du CEA Cadarache. Enfin, en matière de médecine du travail, la surveillance de l’exposition interne permet de confirmer le caractère négligeable de cette «contamination» et, donc, de valider les conditions de travail et les dispositifs de prévention.