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ECS: les «propositions pertinentes» du CEA Cadarache

L’objectif de la démarche des ECS est d’effectuer une réévaluation ciblée des marges de sûreté des installations vis-à-vis de phénomènes naturels extrêmes. Elle implique, en outre, un réexamen du comportement des installations face à des situations extrêmes: séisme, inondations, pertes des alimentations électriques et/ou des systèmes de refroidissement. Enfin, chaque exploitant est également évalué sur sa capacité à gérer les crises issues de ces situations extrêmes. Après l’ATPu, Masurca et le RJH en 2011 (lire notre article précédent), le deuxième lot des ECS a concerné 8 installations nucléaires de base en 2012: Pegase, Cabri, Rapsodie, MCMF, Leca, Le Parc, Chicade et ITER. Cette deuxième vague a également concerné le site même de Cadarache afin d’apprécier la capacité du CEA à gérer les situations de crise qui découleraient de ces situations extrêmes.
L’ASN et l’IRSN, respectivement représentés par André Roubaud et Jean-Pierre Carreton, ont débuté leurs présentations par un rappel de la démarche et de son calendrier avant de rentrer dans le vif du sujet. Sachant que le point de jugement pour savoir si la situation doit être prise en compte reste «l’effet falaise», c’est-à-dire l’altération brutale du comportement d’une installation due à une légère modification du scénario de l’accident. Effet falaise qui peut aboutir à la définition d’un noyau dur détaillant les nouvelles actions à effectuer.
L’IRSN a affiché et détaillé son accord avec le CEA sur de très nombreux points, notamment les risques d’inondation et de séisme, y compris en cas de rupture des barrages de Serre-Ponçon et de Sainte-Croix. Concernant la prise en compte de ces risques, historiquement connus et anticipés à Cadarache, l’ASN avait d’ailleurs eu l’occasion d’exprimer sa satisfaction, notamment à la suite de l’exercice national de janvier 2012. Jean-Pierre Carreton a rappelé que les remarque de l’Institut portent sur des phénomènes climatiques extrêmes: grand froid, neige, tornades… «Le CEA doit préciser et justifier les dispositions permettant de faire face à des situations de chaud et de froid extrêmes ainsi qu’aux effets associés à une tornade». Des compléments sont également demandés par l’IRSN concernant les agressions liées à l’environnement industriel du site. Enfin, il est recommandé au CEA «d’examiner les accidents de transport de matières dangereuses qui pourraient survenir sur le site et leur impact sur les possibilités d’intervention en cas d’aléa extrême».
Concernant les installations elles-mêmes, l’IRSN a tenu à souligner leur «caractère hétérogène qui aboutit nécessairement à des conclusions très variables». Dans le détail, aucune situation redoutée n’a été mise en évidence pour les INB 22 (Pegase), 53 (MCMF), 56 (Le Parc) et 156 (Chicade), même si l’Institut estime que «le désentreposage des éléments combustibles et des déchets doit rester une priorité». Aucun noyau dur n’a été mis en évidence concernant Leca et Cabri. Enfin, un complément d’examen est demandé pour Rapsodie afin d’évaluer le risque de réaction sodium/eau en cas de fortes pluies à la suite d’un séisme.
Enfin, l’IRSN a terminé sa présentation avec un rappel des conclusions des groupes d’experts et des commissions de sûreté. Tous soulignent «l’importance du travail réalisé par le CEA dans le domaine de gestion de crise» et estiment que les «propositions d’amélioration présentées par les exploitants pour les situations considérées dans les ECS apparaissent globalement pertinentes, même si elles doivent être complétées conformément aux recommandations formulées».
L’ensemble des documents présentés et mentionnés lors de cette réunion sont disponibles sur les sites de l’ASN et de l’IRSN.