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De Novooulrask à Manosque en passant par Cadarache

Ils ne sont pas restés très longtemps mais leur passage n’est pas passé inaperçu. Dès la matinée d’ouverture, le village des sciences installé cette année à Manosque, a eu droit à la visite d’une délégation venue de … Novoouralsk. Une ville de 85000 habitants, située en Oural et qui, jusqu’au début des années 90, ne figurait sur aucune carte! La commune a en effet été créée de toutes pièces à partir d’une ressource locale: l’uranium. Un site d’enrichissement a donc vu le jour et, avec lui, une ville et toutes ses infrastructures. A un détail près: la ville est située dans l’enceinte même de l’exploitation. Un peu comme si les habitants de Manosque, Pertuis et leurs communes limitrophes habitaient tous dans l’enceinte même d’un gigantesque CEA Cadarache! Une situation improbable en France. Le quotidien de centaine de milliers de personnes en Russie où l’on compte 40 villes du même type: des cités fermées puisque, comme sur tout site nucléaire, on ne rentre pas sans répondre aux formalités d’usage.
Mais «cité fermée» ne signifie pas verrouillée pour autant, comme en témoigne la venue de cette délégation. Le déplacement, organisé et géré par Jean-Michel Maurel, chargé de mission pour le CEA, a pu voir le jour dans le cadre du partenariat entre le CEA et Rosatom, l’agence fédérale de l’énergie atomique. Responsable de la gestion de l’intégralité de la filière nucléaire russe, elle abrite l’équivalent du CEA, d’Areva, d’EDF ou encore de l’ASN. Et, surtout, elle gère également intégralement le quotidien des administrés des villes adossées à ses installations. C’est donc elle qui a intégralement financé le séjour d’une semaine de la délégation, constituée de 30 lycéens (de 15 à 18 ans) et 12 adultes (11 professeurs et un adjoint du maire de Novoouralsk).
Après une première partie de séjour essentiellement culturelle et touristique, la délégation a été accueillie à Cadarache pour 48 heures. Au programme: visite des installations du centre et de l’usine de L’Occitane-en-Provence avec, en point d’orgue, un passage par le village des sciences installé à Manosque. Là, ils n’ont pas tremblé au moment de tenir un stand à leurs couleurs sur lequel ils ont pu raconter qui ils étaient, d’où ils venaient et comment est organisé le système éducatif dans leur pays. Ils ont été agréablement surpris par la possibilité offerte aux lycéens français d’aller à la rencontre des scientifiques au cours de leurs études, alors que le système russe s’articule de manière quasi exclusive sur le corps professoral. Et, de la même manière, leurs homologues manosquins ont été séduit par un fonctionnement russe où les activités culturelles, artistiques et sportives sont mises en avant. La barrière de la langue est rapidement tombée entre ces ados, férus de sciences et de découvertes, au cours d’une belle matinée d’échanges qui alimentera sans doute bien des exposés dans les salles des lycées de Novoouralsk. En attendant, pourquoi pas, de revenir dans le cadre de nouvelles collaborations internationales; à l’image du programme de recherche ITER. Car même si la délégation n’a malheureusement pas pu pénétrer sur le site, tous connaissaient parfaitement les enjeux de cette coopération scientifique, née en novembre 1985 à Genève. C’est là que le président américain Ronald Reagan et le secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev ont décidé de lancer une initiative internationale pour développer l’énergie de fusion.