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Cité des énergies: après les inaugurations, place aux applications

Seize mois après une inauguration riche en promesses, la Cité des énergies n’offre plus du tout le même visage. Une quarantaine de personnes y travaillent quotidiennement et aux abords du bâtiment, les plateformes dédiées au bâtiment méditerranéen et aux bioénergies donnent le ton. Car l’heure n’est plus aux lointains projets ou à la recherche fondamentale mais bel et bien, comme annoncé, aux partenariats technologiques et aux modèles pré-industriels.
C’est notamment le cas des deux cellules climatiques (à l’image de deux pièces d’appartement) qui permettent de réaliser des tests de parois dans le cadre d’études sur le confort thermique. Amovibles et interchangeables, les parois et les dalles intérieures permettent de jouer sur l’inertie de la cellule-appartement. Equipées d’un système de ventilation naturelle, elles sont installées sur une base mobile afin d’évaluer les effets de l’orientation. L’un des objectifs est d’ailleurs de tester l’influence de la circulation de l’air dans la mise en oeuvre de la ventilation naturelle: une approche innovante et sans équivalent en Europe! Les programmes de recherche intègrent également des travaux sur les matériaux (vitrages et revêtements) mais n’oublient pas la dimension humaine et sociologique, qui fait l’objet de collaborations entre le CEA et l’Université Aix-Marseille.
A proximité immédiate de ces appartements de demain, on trouve une serre de culture de micro-algues avec, à l’intérieur, un photo-biréacteur d’une contenance de 1000 litres. L’installation expérimentale intègre à la fois des laboratoires et des équipements à l’échelle pilote afin de combler le fossé entre recherche fondamentale et industrie. Et si l’objectif affiché est, à terme, de parvenir à produire du biocarburant à partir des lipides de l’algue, les premières étapes se situent dans d’autres secteurs: « contrairement aux installations de la plateforme bâtiment, qui pourront trouver des premières applications concrètes d’ici 2 ou 3 ans, les recherches sur les micro-algues seront plus longues », détaille d’ailleurs Pierre Joubert, chef de projet Cité des énergies. « Une quinzaine d’années seront sans doute nécessaires avant d’aboutir à des biocarburants, mais nous savons que nous pourrons compter sur des marchés relais à forte valeur ajoutée, comme l’alimentation et la cosmétique avec des possibilités de production de colorants naturels ou de compléments alimentaires… »
Ce sont précisément ces applications, très concrètes, qui permettent à la Cité des énergies d’afficher un démarrage rapide et efficace. « 53 millions d’euros de contrats ont d’ores et déjà été signés », a d’ailleurs rappelé Jean Therme, directeur délégué aux énergies renouvelables du CEA et directeur de CEA Tech. « Sachant qu’aujourd’hui, nous sommes en mesure de montrer et faire visiter nos plateformes là où, il n’y a encore pas si longtemps, on devait se contenter de belles présentations power-point… ». Les industriels y voient donc un intérêt concret et n’hésitent plus à s’engager financièrement aux côtés du CEA qui, de son côté, ne cesse de convaincre et séduire grâce à ses nouvelles installations. Un cercle vertueux qui, après un lancement subventionné par les collectivités (Communauté du Pays d’Aix, Conseil général du 13 et du 04, Région PACA) permet d’envisager de nouveaux développements avec, à terme, des projets à l’échelle du Val de Durance. Hydroélectricité et énergie solaire pourraient alors fonctionner de concert, dans la continuité du projet CanalSol qui a permis d’installer des panneaux photovoltaïques au-dessus du Canal de Provence, à Rians dans le Var, dans le cadre d’un des nombreux partenariats estampillés « Cité des énergies ».