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CEA Cadarache: sûreté + transparence = crédibilité

Qui oserait dire qu’il ne se passe jamais rien au CEA Cadarache? Avec 56 ans de recherche au compteur et une activité qui le place en position de leader européen, la formule est sans doute choquante. Voire indécente… Et pourtant, malgré la richesse de ses activités et le savoir de ses salariés, le CEA brille aussi par ses fameux « niveaux 0 » (lire ci-contre). Une poignée d’événements « hors échelle » qui mettent en avant plusieurs atouts de taille, à commencer par la sûreté et la sécurité d’un centre dont l’impact sur l’environnement est négligeable. Même si, afin d’en être certain, le CEA s’est doté d’outils et d’experts capables de détecter l’indétectable.
Plusieurs publications récentes vont d’ailleurs dans ce sens, à commencer par le dernier rapport de l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire, souveraine et indépendante, qui considère que les installations nucléaires du centre « sont exploitées dans des conditions de sûreté globalement satisfaisantes. Les plans d’action mis en oeuvre par le CEA sur les axes d’amélioration identifiés en 2013 (surveillance des intervenants extérieurs, gestion des contrôles et essais périodiques, suivi en service des équipements sous pression) ont permis des avancées significatives ». Ce bilan, officiellement publié au printemps, est le résultat des 52 inspections menées en 2014 par les inspecteurs de l’ASN (division de Marseille). Enfin, toujours dans son rapport annuel, le gendarme du nucléaire détaille l’impact radiologique du centre: depuis 2008, il est de 0,002 mSv/an. Un chiffre que l’on peut mettre en rapport avec l’impact de la radioactivité naturelle contenue dans les sols, très variable en fonction des zones géographiques. Elle est par exemple de 1,31 en Bretagne, mais peut grimper jusqu’à 260 en plein coeur de la ville de Ramsar, en Iran.
Le premier constat est donc rassurant. Mais il est régulièrement corroboré par le travail de la Commission locale d’information (Cli) Cadarache. Car, comme le répète son président, Roger Pizot, « il ne peut y avoir de confiance du public dans le nucléaire sans transparence de cette activité. La Cli joue donc un rôle déterminant pour assurer cette transparence dans notre région ». Et pour ce faire, la commission n’a de cesse d’interroger le CEA sur ses activités. « Outre les visites régulières des membres de la Cli, nous mobilisons toujours nos experts pour répondre de manière systématique, et avec le plus de précision possible », détaille d’ailleurs Guy Brunel, chef de l’Ucap (Unité de communication et des affaires publiques du CEA Cadarache). « Cela représente bien sûr des moyens importants mis à la disposition des membres de la Cli et, de manière indirecte, du grand public; puisque cela fait partie des missions de la Cli d’informer le public. Cela démontre notre volonté d’expliquer et de décrypter nos activités, mais également leur impact sur l’environnement ».
En la matière, la fiabilité de ce système est renforcée par la capacité de la Cli de financer des études, totalement indépendantes de celles du CEA (les sources de financement proviennent essentiellement de l’ASN et du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône). La dernière en date concerne l’impact radiologique sur les alluvions de la Durance, aux abords du centre, et a fait l’objet d’une publication spécifique en avril dernier. On peut y lire que « la Cli, à partir de cette étude, constate que le marquage radiologique des sédiments fins accumulés au cours des dix dernières années dans le val de Durance du fait des activités du Centre de Cadarache est indécelable (…) sauf pour une zone restreinte située le long du cours du ruisseau du Ravin de la Bête et son bassin servant d’exutoire en Durance. On y décèle un marquage* en plutonium ». Les mesures de l’ASN comme celles de la Cli permettent de chiffrer ce marquage qui est « suffisamment faible pour, en l’état, être sans conséquence pour la santé de ceux qui accèdent au lieu », ni pour l’environnement.
Entre les inspections de l’ASN, les mesures systématiques effectuées par les experts du centre, et les analyses financées de manière indépendante par la Cli, le système contient d’inévitables redondances. Mais c’est également le prix de la sûreté, de la transparence et, finalement, de la crédibilité de l’ensemble des acteurs concernés. Car, comme le rappelle le directeur de la communication au sujet de l’étude Durance: « avec une parfaite indépendance, ils ont obtenu des conclusions similaires aux nôtres puisque ce qu’ils ont trouvé, on l’avait déjà trouvé; à savoir qu’il n’y a pas d’impact radiologique décelable, du fait de nos activités de recherche dans le domaine du nucléaire! ».
* c’est-à-dire de très faibles traces