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«Le monde a besoin de toutes les formes d’énergie»

La transition énergétique a fait recette samedi 23 mars au Palais des congrès d’Aix-en-Provence: la journée de débats, co-organisée par la SFEN PACA et le CEA Cadarache, a attiré plus de 450 personnes.
«Garder nos vaisseaux, tout en réfléchissant à l’avenir!» Julien Aubert, député vauclusien et coprésident du groupe d’études «Énergies» à l’Assemblée nationale, a d’emblée voulu planter le décor d’un débat qui ne doit faire l’économie d’aucune énergie. Et samedi 23 mars, au Palais des congrès d’Aix-en-Provence, ce ne sont pas moins de 450 personnes qui sont venues assister, et participer, au colloque co-organisé par la SFEN Paca (Société française d’énergie nucléaire) et le CEA Cadarache. «Quelles énergies pour demain?»: la question qui a servi de fil directeur à cette journée, officiellement inscrite dans le débat national sur la transition énergétique, a permis aux nombreux intervenants de présenter les choix stratégiques actuels ou à venir. Des renouvelables aux fossiles en passant par l’hydroélectrique ou le nucléaire. L’occasion de comprendre, mais également d’échanger, au cours d’une journée ouverte à tous. Et parmi les nombreux chiffres distillés au fil des conférences, certains n’ont pas manqué de frapper les esprits. A l’image du coût des importations d’hydrocarbures qui représentent 70 milliards d’euros par an; soit l’équivalent du déficit de la France… Ou encore le prix du kilowattheure allemand, bientôt deux fois plus cher qu’en France depuis le choix de se passer du nucléaire. Au point que certains de nos voisins d’outre-Rhin sont désormais tenter d’utiliser l’énergie solaire produite par leurs propres panneaux pour alimenter leurs domiciles, plutôt que de l’injecter dans le réseau… Ainsi, la diversité et la qualité, des intervenants, a permis d’éviter que cette journée ne se transforme en plaidoyer pro-nucléaire. De Claude Nahon, (directrice du développement durable et de l’environnement d’EDF) à Arnaud Chaperon (directeur prospective, relations institutionnelles et communication du groupe Total), en passant par Bertrand Barré (ancien conseiller scientifique auprès de la présidence d’Areva) ou Joël Guide (conseiller scientifique près l’Ambassade de France à Berlin entre 2009 et 2011)… Il y en avait pour tous les goûts, et tous les réseaux. Le but final étant avant tout de cerner l’ensemble des enjeux liés à chaque vecteur. Et, comme l’ont répété les orateurs, de cesser d’opposer les sources: «parce que le monde a besoin de toutes les formes d’énergies», lançait d’ailleurs Arnaud Chaperon, de Total.
La popularité écologique des énergies renouvelables contraste donc avec la peur d’un nucléaire qui ne serait jamais assez sûr. De même, la constance des centrales françaises permet de répondre à l’ensemble des besoins; ce que les renouvelables ne peuvent accomplir du fait de leur intermittence. Mais aussi parce qu’on ne sait pas, actuellement, stocker l’électricité. Sauf si l’on parle d’énergie hydraulique… Car 15% de notre électricité est issue des turbines de nos barrages, où l’eau est stockée et gérée. En Provence, l’ensemble des installations de la Durance et du Verdon affiche une capacité de production de 2000 MW, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Même si, là encore, la plupart des sites français sont déjà équipés. Et il semble difficile, pour ne pas dire impossible, de construire de nouveaux grands barrages en France.
A noter que cette (longue) journée n’a pas découragé les bonnes volontés, ni épuiser l’énergie d’une assistance variée: entre ingénieurs et étudiants, quelques écologistes ont également joué le jeu des questions-réponses qui ponctuaient chacune des présentations. Avec, à chaque fois, cette volonté de comprendre avant de choisir. «Emissions de carbone, coût de l’énergie et indépendance énergétique: des thématiques que l’on doit parvenir à aborder de manière dépassionnée afin que l’on soit d’accord sur les enjeux. Ensuite, on fera des choix et on les assumera», résumait le député Julien Aubert. Car la question «n’est pas d’être pour ou contre le nucléaire, mais plutôt notre capacité à passer d’un paradigme à un autre; sachant que la transition énergétique est avant tout une chance de créer des emplois», résumait le maire de Lambesc, Jacques Bucki, en guise de conclusion. Lui qui inaugurera le 26 mars une horloge énergétique dans sa commune.